Francine Garnier

Country of Origine: France
Country of Residence: France
Discipline: Visuals Arts 3D
Other(s) Discipline(s): Visuals Arts 2D, Music
Email: infos@francinegarnier.fr
WebSite: http://www.francinegarnier.fr/

 

Qu’il soit urbain ou naturel, la notion de paysage, plus que jamais d’actualité, nous interroge fondamentalement.
Comme artiste, travailler sur site implique une conscience sensitive globale. Nous parcourons les lieux par le corps et les sens, nous le vivons dans la durée, il réjouit le regard, il sollicite l’oreille et incite à réfléchir sa nature, ses composants et son histoire.
Depuis plusieurs années une partie de mon activité -de notre activité- consiste à créer in situ. Le site est redécouvert en étant perturbé par l’évènement créatif, et, je l’espère, interrogé, poétisé.

L’eau, les pierres, les branches et herbes, façonnent mon vocabulaire toutes ces dernières années. Je les moule, les couds, les tresse, laisse la pluie agir et le temps déposer ses sédiments. Je tisse des cordes entre les arbres, suspends des pierres etc. Les créations in situ permettent un véritable échange avec le paysage.

L’artiste n’a pas pour vocation de porter des discours démonstratifs, mais un regard décalé, poétique, évocateur.

En installation sur site, nous travaillons le plus souvent à deux avec mon compagnon – Alain Engelaere – compositeur. L’un comme l’autre utilisons les captations de matériaux (enregistrements, collectes) et caractéristiques des lieux.
Nous aimons notre démarche commune et synesthésique; en regardant, nous écoutons aussi, et nous savons par expérience comme l’un renforce l’autre. Notre culture occidentale a perdu le sens sonore. Si l’on a l’habitude d’écouter en concert, on a perdu celle de percevoir les espaces sonores qui nous entourent, de saisir leurs diversités, leurs omniprésences. Comme le disait John Cage, la musique « ce sont des sons, les sons qui nous entourent, que nous soyons ou non dans une salle de concert. »
La musique diffusée crée un halo mystérieux à l’immédiateté du regard, ralenti le temps d’observation pour une découverte en profondeur des œuvres et du paysage.

 

Whether urban or natural, the notion of landscape, more relevant than ever, questions us fundamentally.
As an artist, working on site implies a global sensory awareness. We cross the landscape with the body and the senses, in the time, it pleases the eye, it solicits the ear, and encourages to think about its nature, its components and its history.
For several years now, part of my activity – of our activity – consists in creating in situ. The site is rediscovered by being disturbed by the creative event, and, I hope, questioned, poeticized.

The artist is not intended to carry demonstrative speeches, but an offbeat, poetic, evocative look.

Water, rocks, branches and herbs, my vocabulary shape all these years. I mold, sew them, braid, let the rain take action and time deposit its sediment. In situ creations allow a real exchange with the landscape.

In on-site installation, I work mostly with my companion – Alain Engelaere – composer. We use materials and characteristics of places: recordings, collection. We love our synaesthetic approach; if we watch, we also listen, and we know from experience as one reinforces the other. Our Western culture has lost the sound sense. If we have the habit of listening in concert, we lost listening sound spaces that surround us, to grasp their diversity, their omniprésences. As John Cage said «Music is sounds, sounds heard around us whether we’re in or out of concert halls». The music broadcast creates a mysterious halo to the immediacy of the look, slowed the observation time of the artworks and landscape.

 

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